Le 15 est le numéro national unique de l'urgence qui aboutit au SAMU, service hospitalier spécialisé pour la réponse à l'urgence médicale. Le SAMU s'appuie ainsi sur un concept de télémédecine, de diagnostic d'orientation à distance. Pour celui qui appelle, tout est urgence.
Le médecin régulateur du centre 15 doit donc trier les appels et tenter d'y apporter la meilleure des réponses. Il est le garant de l'orientation du diagnostic à distance. L'urgence est une véritable chaîne, dont le 15 et ses médecins régulateurs permettent l'ajustement harmonieux des
différents maillons pour le bien du malade.
Au coeur du dispositif, le 15 ou Centre de réception et de régulation des appels
La médicalisation extra-hospitalière des urgences vitales repose sur des moyens d'intervention humains (personnels médical et paramédical spécialisés dans l'urgence) et matériels (moyens de transport médicalisés ou non, moyens de télécommunications.
Le choix et la coordination de ces moyens en fonction de la gravité et du contexte de la situation s'effectuent au niveau des salles de régulation des SAMU qui recueillent et centralisent vingt-quatre heures sur vingt-quatre les appels d'urgence, qu'ils émanent de particuliers, de médecins, de secouristes, de la Croix-Rouge, de la protection civile, des pompiers ou de la police. Ces salles sont équipées d de moyens de communication permettant d'établir un contact permanent avec l'ensemble des personnes et des structures susceptibles de jouer un rôle dans la prise en charge.
Les appels sont d'abord traités par des permanenciers non-médecins qui localisent et évaluent globalement le degré d'urgence, avant de les transmettre au médecin régulateur. Celui-ci détermine et met en œuvre la réponse la plus adaptée, qui peut aller du simple conseil téléphonique à l'envoi sur place d'une équipe de réanimation préhospitalière.
Une équipe spécialisée sur les lieux de l'urgence
L'équipe de réanimation du Service mobile d'urgence et de réanimation, composée d'un médecin transporteur (anesthésiste-réanimateur), d'un infirmier spécialisé et d'un conducteur ambulancier, dispose du matériel portable nécessaire à l'urgence : matériel de réanimation permettant de pallier une détresse respiratoire, cardio-vasculaire ou neurologique, et matériel de surveillance des fonctions vitales.
Parfois c'est un véhicule d'intervention léger qui achemine médecins et matériels, en liaison radio avec la régulation. La plupart du temps, l'équipe SMUR se déplace dans un véhicule plus équipé (UMH), affichant SAMU-Centre 15 ou SMUR.
Une fois sur les lieux de l'urgence, le médecin évalue la situation, met en route un traitement et transmet un bilan au régulateur du SAMU. Celui-ci décide, si cela s'impose, du lieu d'hospitalisation en fonction de la pathologie diagnostiquée et des disponibilités dans es structures publiques ou privées.
Selon les cas, véhicule de réanimation,. ambulance smple, premiers-secours des pompiers et hélicoptère assurent le transport médicalisé du patient
Les Unités mobiles hospitalières sont des véhicules de réanimation qui comportent, en plus du matériel d'urgence et de l'équipe, une cellule sanitaire pour le transport médicalisé du patient. Ces UMH sont bien sûr en contact avec la régulation et les autres équipes SMUR. Mais le transport peut se faire aussi avec une ambulance simple ou avec les camionnettes des pompiers (véhicules de secours aux asphyxiés et aux blessés- VSAB) équipées pour l'occasion du matériel de réanimation transportable des médecins de l'équipe SMUR.
Dans certains cas extrêmes, de jour et sous réserve de bonnes conditions climatiques, un hélicoptère médicalisé permet le transport rapide des patients graves dans des conditions de confort très intéressantes (absence de décélérations et d'accélérations brutales, faibles vibrations). De plus, l'hélicoptère peut acheminer très rapidement une équipe médicale et son matériel dans des endroits difficilement accessibles ou éloignés.
Le patient est " mis en condition ", c'est-à-dire immobilisé sur un matelas atténuant les ondes de choc pendant le transport, réanimé avec assistance respiratoire, perfusion intraveineuse et injection de médicaments. Ses fonctions dites vitales (fonction cardiaque, circulation sanguine, ventilation, état de conscience) font l'objet d'une surveillance clinique et automatique continue : prise du pouls, de la tension artérielle, de la fréquence respiratoire, du degré d'oxygénation du sang.
Une collaboration indispensable entre les différents intervenants de l'urgence
Le fonctionnement des SAMU repose donc sur la coordination et la collaboration des moyens d'intervention. Déjà, l'interconnexion des centres de réception des appels 15 (SAMU) et 18 (pompiers) permet des transferts réciproques. En effet, en cas d'urgence médicale, beaucoup de personnes (particulièrement en zone rurale ou suburbaine). appellent les pompiers qui représentent encore pour elles la référence exclusive en matière de secours. Au sein des agglomérations, sans doute en souvenir d'un temps où le terme police secours, renvoyait à tout type de détresse, certains associent encore services de police et secours d'urgence médicale.
Aujourd'hui, et bien au-delà de cette confusion, de nombreuses situations d'urgences médicales nécessitent l'intervention concomitante de différents moyens de sauvetage. Ainsi les pompiers dans le cas d'incendie avec blessés ou les services de police en cas de mort violente ou d'intervention protégée. Ou encore en cas d'accident de la route, quand les pompiers assurent la désincarcération des victimes de la carcasse de leur voiture à l'aide de treuils et de scies circulaires ou que les policiers règlent la circulation et recueillent des informations.