POSITION D'ATTENTE ET DE SURVIE
1. PRINCIPES


Une victime doit être installée dès que possible dans une position correspondant à ses lésions. Cette position peut être nécessaire pour pratiquer les gestes de soins ou de survie, pour limiter le risque de complications ou augmenter le confort de la victime (lutte contre la douleur et le stress).

2. DIFFERENTES POSITIONS


2.1 La position latérale de sécurité (PLS)


On ne peut passer laisser sans risque une victime inconsciente sur le dos: la langue perd son tonus et, attirée par la pesanteur, a tendance à tomber en arrière vers le carrefour aéro-digestif en gênant ou bloquant la respiration; le risque de vomissements, important chez ce type de victime, risque d'inonder les poumons ce qui serait dramatique pour sa survie ; de même, les voies aériennes peuvent être menacées par un saignement de la bouche ou de la face... La PLS consiste à allonger la victime sur un cote, bouche tournée vers le sol, et vise donc à protéger les voies aériennes.

La mise en Position Latérale de Sécurité se justifie chez tout sujet inconscient qui ventile normalement (fréquence ventilatoire entre 12 et 16 mouvements ventilatoires par minutes ).

Si des corps étrangers solides (appareil dentaire amovible , fragments de dents) gênent le passage de l'air , le ventilation est souvent bruyante . Il convient alors de les enlever par une désobstruction digitale .


Description de la P.L.S à 3 secouristes :


Mise en place des équipiers


L'équipier qui dirige la manoeuvre se place au niveau de la tête , dans l'axe du corps , en position du trépied , le genou en l'air du coté du retournement :

Il engage une main sous la nuque , du même côté que son genou au sol ; l'autre main , côté de la rotation , assure la prise mentonnière ; il est impératif de soutenir le menton pour éviter que la tête ne soit relachée au cours de la rotation du corps .

Il faut donc que les doigts , placés à la prependiculaire de la paume , soient sous le menton , la paume et le poignet se plaçant sous la joue et la face latérale du visage de la victime .

Lors du retournement du corps , la paume et le poignet du secouriste reçoivent le poids de la tête de la victime et ne la laissent pas retomber ;

Le 2 ème équipier se met au niveau des pieds également en position de trépied , dans l'axe du corps , le genou en l'air du côté du retournement . Il saisit les chevilles .

Le 3 ème équipier prépare un calage d'une épaisseur de la moitié de la largeur de l'épaule de la victime , qu'il place contre la tête , du côté du retournement :

  • Le retournement

  • Le 3 ème équipier fait pivoter lentement et régulièrement la victime en bloc .
    Les deux autres équipiers accompagnent le retournement pour eviter toute torsion . Celui qui tient la tête doit veiller impérativement à ce que la victime reste , pendant toute la durée de rotation du corps , dans l'axe du sternum .

  • Le maintien de la position

  • L'équipier qui se situe aux pieds (2 ème équipier) saisit le creux du genou de la jambe située au-dessus , fléchit cette jambe sur la cuisse afin que la genou vienne en butée sur le sol et assure la stabilité du bassin . Cette manoeuvre est facilitée par le blocquage du cou-de-pied derrière le genou de la jambe au sol . La cuisse de la victime doit être aussi près que possible de la perpendiculaire de l'axe du tronc .

    C'est donc un geste élémentaire de survie qui doit être pris sans délai chez toute victime inconsciente qui ventile, après avoir assuré la libération des voies aériennes (cf. Abord et bilan d'une victime). Mais son indication doit être étendue à tous les cas où il existe une menace de perte de connaissance ou d'obstruction secondaire des voies aériennes : somnolence,, vomissements, saignement de la face, intoxication médicamenteuse...

    La PLS peut aussi être employée chez la femme enceinte, en dehors de tout contexte de détresse, dans un but de confort : en fin de grossesse, elle doit être allongée sur le côté gauche pour éviter que 1'utérus appuie sur la veine cave inférieure qui ramène vers le coeur le sang de la moitié inférieure du corps.

    2.2 La position allongée


    On retrouve la plupart des victimes en position allongée sur le dos ; ce qui permet d'effectuer le bilan et de pratiquer la plupart des gestes de survie. Mais la position horizontale du corps est également nécessaire chez toute victime qui présente des signes de détresse circulatoire : pâleur de la peau, des conjonctives, pouls filant...

    En cas d'hémorragie importante, ou lorsque ces signes sont prononcés, on peut surélever les jambes ou mettre la civière en position déclive, tête plus basse que les pieds (cf. ces positions).

    2.3 La position demi-assise


    Cette position est indiquée chez les victimes qui présentent une atteinte ventilatoire isolée (pouls bien frappé) car elle améliore la respiration : la masse des viscères abdominaux n'appuie plus sur le diaphragme dont les mouvements sont ainsi facilités.

    C'est aussi une position de transport à proposer a toutes les victimes à évacuer qui ne présentent pas de signe de détresse vitale : malaises, plaies, atteintes du squelette... Elle est plus confortable sur le plan psychologique et limite les désagréments liés aux secousses du transport.

    2.4 La position assise jambes pendantes


    Elle complète la position demi-assise pour les malades qui présentent des signes d'œdème aigu du poumon (ventilation rapide, difficile, bruyante avec expectoration mousseuse) associé un pouls rapide et bien frappé. Elle permet d'améliorer la fonction cardiaque, donc l'état du patient, en faisant baisser la pression du sang.

    2.5 Position allongée jambes surélevées et position déclive


    Le fait de maintenir les jambes surélevées (à l'aide d'une chaise, d'une couverture, ou d'un équipier affecté à cette tâche) permet d'augmenter le volume sanguin irriguant les organes vitaux.
    Il faut donc installer dans cette position la victime dont l'hémorragie externe a été particulièrement abondante ou le traumatisé qui présente des signes de détresse circulatoire : pâleur conjonctivale, pouls carotidien rapide et filant, pouls radial imprenable, pâleur ou marbrures cutanées (signes pouvant faire évoquer une hémorragie interne).
    Il faut faire attention, dans ce cas, à ne jamais rabaisser les membres surélevés avant la prise en charge médicalisée de la victime : l'appel brutal de sang dans les membres risquerait d'entraîner un désamorçage de la pompe cardiaque et donc la mort.

    Lorsque la victime est installée sur une civière (brancard, matelas coquille), on peut aussi, dans le même but et avec les mêmes conséquences surélever les pieds par rapport à la tête. On peut ainsi associer PLS et jambes surélevées.

    2.6 Positions jambes fléchies


    La flexion des cuisses par rapport au bassin permet de détendre les muscles abdominaux et améliore le confort des blessés de l'abdomen ou des patients qui présentent de violentes douleurs abdominales; la victime peut être allongée sur le dos ou sur le côté.

    3. REMARQUES


    La victime consciente est capable de dire dans quelle position elle se sent le mieux : on l'aidera à S'installer sans qu'elle ait besoin de faire d'effort. Si une victime refuse de changer de position, sous prétexte qu'elle ne se sent pas bien autrement, ne pas chercher à la forcer...

    La position jambes surélevées chez les victimes ayant beaucoup saigné pose un problème en cas de perte de connaissance secondaire : sachant qu'il ne faut pas rabaisser les membres sans autorisation médicale, il n'est pas question de l'installer en PLS et on se contentera donc de libérer les voies aériennes par une bascule de la tête en arrière et un maintien du menton en avant, tout en surveillant attentivement l'évolution des autres fonctions vitales,, aspirateur de mucosité prêt à servir...

    En cas de saignement d'une oreille (otorragie), il est classique d'allonger la victime inconsciente sur le côté qui saigne: on le fait pour protéger les voies aériennes (cf PLS) et non pour éviter un saignement intracrânien. En cas d'association avec une fracture d'une autre partie du corps, c'est celle-ci qui conditionne le côté sur lequel on allongera la victime inconsciente et non l'otorragie : soit, en règle générale, du coté blessé pour le membre inférieur et le thorax et coté sain pour le membre supérieur ; charge au secouriste d'éviter un encombrement des voies aériennes par le saignement !

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